Sur nos terres, nos prénoms sont interdits: l’ONU saisit le gouvernement algérien

Refus d’enregistrement de prénoms amazighs

L’Algérie doit fournir des efforts supplémentaires pour satisfaire les exigences onusiennes sur la lutte contre la discrimination raciale.

Le Comité de lutte contre la discrimination raciale de l’ONU a, pour l’élimination de cette pratique, examiné le rapport présenté par le gouvernement algérien et rendu publiques ses recommandations dans lesquelles il fixe les chantiers sur lesquels il faut travailler avant la prochaine session. Et la première question est celle de tamazight. Le comité revient, dans son rapport, sur l’interdiction de certains prénoms amazighs par l’administration de l’état civil. «Le Comité est préoccupé du fait que dans certaines communes, les officiers de l’état civil refusent de procéder à l’enregistrement des prénoms amazighs sous prétexte qu’ils ne figurent pas sur ‘‘la liste des prénoms à caractère algérien’’», lit-on dans ce rapport.

Tout en prenant acte de l’engagement de l’Etat de procéder à la révision de ladite liste pour y inclure plus de 500 prénoms amazighs, les rédacteurs de ce rapport lui recommandent de respecter, tout simplement, le droit et la volonté de tous les Algériens. «Le Comité lui recommande de prendre les mesures nécessaires pour assurer qu’en faits et en droits, tous les Algériens aient le libre choix des prénoms de leurs enfants et puissent les inscrire auprès de l’officier de l’état civil sans discrimination aucune», exige l’instance onusienne. Ce rapport regrette également le fait que la langue amazighe ne soit pas encore reconnue comme langue officielle. Ce qui l’exclut, explique-t-on, de la sphère publique telle que l’administration ou l’appareil judiciaire malgré son statut de langue nationale.

«Le comité prend note de la déclaration de l’Etat partie sur les efforts supplémentaires qui seront entrepris et l’encourage ardemment à assurer l’enseignement de la langue amazighe à tous les niveaux d’éducation et instituer la langue amazighe comme langue officielle en vue de renforcer sa promotion sur toute l’étendue du territoire», souligne-t-on dans le même rapport. Le comité demande également au gouvernement algérien de fournir des données sur la composante ethnique du pays.

«Le comité note l’absence, dans le rapport de l’Etat partie, de données statistiques de la composition de la population. Il relève aussi l’absence d’indicateurs socioéconomiques pertinents sur l’exercice des droits garantis par la Convention par les membres de divers groupes, en particulier les Amazighs et les non- ressortissants, ces données étant utiles pour déterminer les progrès accomplis et les difficultés rencontrées dans l’application des dispositions de la Convention», précise-t-on encore dans le document.

Madjid Makedhi El Watan du 09/03/2013

Advertisements
Cet article a été publié dans Algérie Amazigh. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s